APRÈS LE DÉCLIN, LE NOMBRE DE CITOYENS AMÉRICAINS AUGMENTE

Plus de 754 700 immigrants sont devenus citoyens américains au cours de la deuxième année de mandat du président Trump.

Il s’agit du nombre le plus élevé depuis 2013, a récemment déclaré un porte-parole des services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis. D’autres sources (USCIS notamment) avancent un nombre plus faible, mais toujours au-dessus de 700 000 personnes.
 

DE NOUVEAUX BUREAUX POUR RÉPONDRE AUX DEMANDES D’IMMIGRANTS

Les chiffres en hausse de 2018 font suite à une baisse du nombre de citoyens au cours de l’exercice 2017 (- 6 %), une période qui comprend les neuf premiers mois du mandat du président. La frustration est toutefois croissante chez les pro-immigrants qui craignent que le « filtrage extrême » du gouvernement empêche les gens de devenir citoyens à temps pour voter à la mi-novembre.

Michael Bars, porte-parole des services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS), a déclaré que l’agence devait faire face à une charge de travail « record et sans précédent » avec près de 2 millions de demandes en 2016 et 2017. Pour palier au nombre croissant de demandes, quatre nouveaux bureaux – dont un centre de traitement des demandes plus important qui doit ouvrir bientôt à Dallas – ont été inaugurés et dix autres agrandis.

Selon M. Bars, le nombre de demandes en instance a plus que doublé sous le gouvernement Obama, passant de 291 800 en septembre 2010 à près de 700 000 au début de 2017. Près de 9 demandes de citoyenneté sur 10 ont été approuvées l’an dernier, un taux similaire à celui de l’administration Obama, a dit M. Bars. Les chiffres définitifs pour l’exercice 2018 (du 30 septembre 2017 au 1er octobre 2018), sont en cours de décompte et pourraient augmenter.

Des démocrates, des fonctionnaires locaux et des avocats de l’Utah à la Géorgie ont demandé à l’administration Trump de réduire son retard de traitement des demandes, qui s’élève à 750 000 dossiers. Les délais d’attente pour les demandes de citoyenneté sont passés de six mois sous Barack Obama à plus de dix mois maintenant.
 

VERS UN TRAITEMENT PLUS RAPIDE ?

En septembre, plusieurs groupes de défense des droits ont intenté une action en justice devant la cour de district de Los Angeles, demandant à un juge d’obliger l’organisme à remettre les demandes ayant pris du retard. Ils considèrent que le “filtrage extrême » des demandes de citoyenneté privait les résidents « de la possibilité de participer pleinement à la vie civique et de voter aux prochaines élections importantes ».

« C’est ce que nous appelons le deuxième mur », a déclaré Gustavo Torres, directeur exécutif de CASA, l’un des groupes impliqués dans le procès. « Ce gouvernement crée tellement de difficultés pour que les demandeurs deviennent citoyens américains, qu’ils les ont découragés. » Les partisans ont fustigé Trump pour avoir cherché à freiner l’immigration légale et illégale alors même que ses beaux-parents immigrés sont devenus citoyens américains lors d’une cérémonie qui s’est tenue cette année à New York.

Les fonctionnaires fédéraux affirment que le gouvernement examine adéquatement chaque demande de citoyenneté et que des retards peuvent également survenir en raison de conflits d’horaires ou de demandes incomplètes. Ils ont également une charge de travail plus lourde qu’auparavant : Les demandes sont passées de 783 000 en 2015 à plus de 986 000 en 2017, un bond de 25 % qui, selon certains analystes, s’explique en partie par la rhétorique anti-immigrés de Trump.

Au cours de l’exercice 2017, le dernier exercice pour lequel des données détaillées sont disponibles, le plus grand nombre de nouveaux citoyens se trouvait en Californie, à New York, en Floride et au Texas, selon le rapport Homeland Security publié le mois dernier. Les Mexicains, que Trump a souvent ciblés dans ses discours, constituaient le plus grand groupe de nouveaux citoyens – plus de 118 000 – suivis par les Indiens et les Chinois. Parmi les États où le nombre d’immigrants est élevé, le Massachusetts a enregistré la plus forte augmentation des naturalisations en 2017 avec un bond de 13 %, suivi par 7,3 % en Virginie et 3,6 % en Californie.